Le YikeBike est il un vélo électrique? (Histoire du Vélocipède)


 Pourquoi un article sur l’histoire du vélo et du vélo électrique?

 

Souvent quand nous roulons en ville, nous sommes accostés par des passants qui veulent en savoir plus sur le YikeBike…

 

Pour une meilleure compréhension de ce véhicule au design innovant nous le désignons comme un « vélo électrique pliant ». Et une fois sur deux nous sommes repris sur ce terme car le YikeBike ne possède pas de pédales. Ces pédales sont pour la majorité d’entre nous, l’attribut majeur qui permet à un deux roues d’être caractérisé comme « vélo ».

 

Cet article va nous permettre d’éclaircir la situation. « Mais alors le YikeBike, est-il réellement un vélo électrique pliant? »

Pour répondre à cette question, il faut étudier depuis le tout début l’histoire du vélo ou de son nom complet, le Vélocipède.

 

 

Histoire du Vélocipède, de la Bicyclette, du Vélo pliant et du VAE.

 

En 1817, un baron allemand Karl Friedrich Christian Ludwig,  dit Karl Drais invente une drôle de machine, la Laufmaschine (machine à courir) et lui donne le nom commercial de Draisienne. La volonté de Drais était de se déplacer plus vite qu’à pied en se fatiguant le moins possible, comme le YikeBike deux siècles plus tard! Il s’agit d’une machine composée de deux parties principales :

 

  • Un cadre en bois sur lequel on s’assoit et suffisamment bas pour que les pieds atteignent le sol et puissent propulser la machine.
  • Deux grandes roues en bois, celle de devant étant commandée par un timon directeur (ancêtre du guidon)

 

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Illustration du Vélocipède originel.

 

Lors de la commercialisation de la Draisienne sur le territoire français en 1818, Louis-Joseph Dineur, avocat de Karl Drais dépose un brevet d’importation de 5 ans sous la dénomination « Vélocipède ». Le premier « vélo » est donc bien né sans aucune trace de pédales! Étymologie: Mot composé du latin, velox, velocis (« rapide, véloce ») avec le suffixe -pède : « aux pieds rapides »

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Extrait du brevet d’importation du vélocipède par Drais. Bulletin de loi de la République Français 1818

 

Le 5 avril 1818, le Journal de Paris confirme cette appellation en l’utilisant, associée à « draisienne », pour annoncer une course organisée au Jardin du Luxembourg.

 

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5 Avril 1818, Journal de Paris

 

En 1839, un forgeron écossais, Kirkpatrick Macmillan, développe son propre vélocipède  muni d’un système de pédalage primitif composé de deux pédales similaires à celles d’une machine à coudre connectées à une grande roue arrière par de longues bielles. Ce système n’a jamais été industrialisé et n’a pas rencontré le succès. Un autre écossais Thomas McCall a construit plusieurs répliques du vélocipède de Macmillan à l’occasion du Stanley Show 1896.

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Réplique du vélo de Macmillan par McCall en 1896

 

Il faut attendre 1861 pour que la première évolution majeure du Vélocipède apparaisse. Cette année-là,  l’artisan serrurier Pierre Michaux améliore un des vélocipèdes qu’il a réceptionné pour réparation en y ajoutant à la roue avant, un système de manivelles, reposes pieds, réduisant la fatigue physique et permettant de se mouvoir bien plus rapidement. La pédale moderne était née ! De 1867 à 1870, c’est l’apogée du vélocipède à pédales ou Michaudine. La compagnie Michaux emploie 300 ouvriers pour produire deux cents vélocipèdes par jour.

 

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Illustration du Vélocipède Michaux, Paris 1868

 

Le vélocipède est régulièrement rendu plus confortable grâce à des inventions comme celle de Clément Ader qui dépose le 24 novembre 1869 un brevet pour des bandages en caoutchouc plein, ancêtre du pneu et celle des roues aux rayons métalliques en tension (brevet du 4 août 1869 par E. Meyer). En 1891 les frères Michelin déposent le brevet de la chambre à air…

 

 

Dès 1870 James Starley développe le premier Grand-bi, dans le but de rouler plus vite que sur un vélo Michaux. Pour ce faire, il augmente la taille de la roue avant entrainée par les pédales. Ces dimensions extravagantes jusqu’à 1 m 50 permettent au Grand-bi d’effectuer pour chaque tour de pédale une plus grande distance. En revanche, cette position haut perché le rend difficilement maniable et les chutes dues aux pertes d’ équilibre dangereuses. On peut remarquer une parenté de design entre le Grand-bi et le YikeBike qui peut être considéré comme un « mini-bi ». Le Grand-bi connu son heure de gloire au cours des décennies 1870 et 1880 avant d’être supplanté par la « bicyclette de sécurité ».

 

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Grand-bi

 

La première bicyclette à être nommée « Bicyclette de sécurité » a été construite par Harry John Lawson en 1879, ce terme « sécurité » à été employé en raison du caractère dangereux de la conduite du Grand-bi. Les roues redeviennent d’une taille acceptable et la transmission se fait par chaine jusqu’à la roue arrière. Les premiers prototypes de vélo à transmission par chaines sont antérieurs à ce modèle. A partir de 1885, John Kemp Starley commercialise sous la marque Rover, la bicyclette de sécurité à grande échelle. C’est dans cette configuration que notre bicyclette classique s’est développée, du vélo de piste, à la bicyclette de ville, en passant par le vélo pliant, le BMX et le vélo à assistance électrique.

 

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Bicyclette Rover

 

Cette bicyclette a subi de nombreuses améliorations depuis son invention, comme par exemple en 1885 le dérailleur ou dans les années 1990, les freins à disques et les VTT tout suspendus.

 

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Bicyclette de sécurité Horseley 1889

 

En 1895, Ogden Bolton Jr  dépose un brevet pour un vélocipède équipé d’une batterie et d’un moteur monté dans la roue arrière. Le tout premier vélo électrique de l’histoire ne disposait donc pas, au même titre que le YikeBike, de pédales. Ce premier prototype n’a jamais été commercialisé à cause des faibles performances des batteries et des moteurs de l’époque. Il faudra attendre le début du 21ème siècle pour que, la technologie évoluant, les vélos électriques et les vélos à assistance électrique puissent devenir une alternative fiable à la bonne vieille bicyclette.

 

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Vélocipède électrique de Ogden Bolton Jr, 1895

 

Rapidement les différentes armées européennes s’intéressent à la bicyclette pour transporter plus rapidement leurs soldats. En 1900, Mikael Pedersen développe une version pliable de son Pedersen bicycle pour l’armée britannique qui devient ainsi le premier vélo pliant produit en quantités industrielles.

 

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Vélo Pederson pliant avec étui à fusil

 

En 1932 Charles Mochet développe un vélo couché à quatre roues pour permettre à son fils de circuler au milieu des voiture en toute sécurité qu’il appelle « vélocar ». La même année il produit le premier vélo couché à deux roues. Ce type de vélo offre une meilleure pénétration dans l’air et est moins contraignant  pour le corps humain, parfait pour voyager. Il n’a pas supplanté la bicyclette classique car il est plus encombrant, plus cher à produire et est moins visible dans la circulation. Mais ce vélo alternatif suit toutes les évolutions techniques de la bicyclette.

 

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Vélo couché Mochet

 

A partir de 1968, le motocross devient le sport en vue aux Etats-Unis. Les jeunes de Californie se mettent à transformer leurs vieux vélos d’enfant comme le Schwinn Sting-ray en BMX (Bicycle Motocross) pour aller rouler sur les pistes de motocross. Bien que plusieurs entreprises aient produit des pièces de BMX depuis 1968, le Mongoose Motomag par Skip Hess  fut le premier BMX industriel, en 1975.

 

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BMX Mongoose

 

Joe Breeze commercialise en 1978  le tout premier vélo tous terrains (VTT). Joe, depuis 1973 transformait des « Beach Cruiser » avec ses amis afin de circuler en montagne. Ces Beach Cruisers sont des vélos américains disposant de pneus larges, conçus dans les années 1940 pour se rendre à la plage. Tom Ritchey, Gary Fisher et Charlie Kelly créent en 1980 la marque MountainBikes qui produit les premiers VTT industriels.

 

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Tom Ritchey Mountain Bike

 

En 2009, Grant Ryan qui n’en était pas à sa première invention, a souhaité s’affranchir du design de la bicyclette et partir d’une feuille blanche pour développer un nouveau mode de transport urbain. Il a d’abord réfléchi à ses besoins de mobilité urbaine qu’il n’arrivait pas à satisfaire avec les véhicules commercialisés à l’époque. Et a ensuite élargi aux besoins de déplacements urbains que peuvent rencontrer tous les futurs utilisateurs du YikeBike.

 

yikebike carbon, le vélo électrique pliant léger, le plus compact au monde


YikeBike Carbon

 

Ce nouveau véhicule devait être à la fois, léger, compact et propre pour faciliter le transport de la machine à pied et son stockage dans de petits appartements en centre ville… Offrir à son utilisateur une position assise lui permettant d’effectuer tous ses trajets confortablement et sans fatigue musculaire. Cette position assise en hauteur  permet une visibilité parfaite dans le trafic et rend l’utilisateur bien visible des autres usagers. La propulsion exclusivement électrique permet des déplacements rapides et pratiques sans aucune fatigue ni transpiration. Un avantage de poids pour encourager les automobiliste à délaisser leurs véhicules trop imposants pour être efficaces dans nos centres villes surchargés.

 

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Le YikeBike et son ancêtre le Grand-Bi

 

La sécurité est l’élément que Grant Ryan avait à l’esprit tout au long du développement du YikeBike. Il devait être sûr et même plus sûr encore qu’une bicyclette. Le YikeBike est donc doté d’un freinage électrique comportant un système ABS régulant la puissance de freinage en temps réel. Ce qui est une première mondiale dans le monde du vélo. Son empattement court le rend très maniable et la grande force d’accélération offerte par le moteur électrique permet à son utilisateur de se sortir rapidement de n’importe quelle situation.

 

La vitesse maximum du YikeBike a été sujet à débat pendant le développement, elle a été limité électriquement à 23 km pour garantir que le vent ou les variations de terrains ne soit jamais dommageable à sa conduite. A coté de cette vitesse de pointe lui offrant d’excellentes  performances en ville, le couple du moteur électrique rend le YikeBike très agréable à conduire à basse vitesse. Notamment pour circuler en toute sécurité sur les trottoirs au milieu de piétons ou discuter avec des amis tout en se déplaçant.

 

La position de conduite assise est déroutante au début mais permet de garder les pieds toujours près du sol, ainsi on peut très facilement poser pied à terre et rattraper une perte d’équilibre. Le guidon positionné derrière l’utilisateur permet au YikeBike son système de pliage si ingénieux et compact mais surtout dans cette position il ne vient jamais gêner la conduite, en cas de freinage d’urgence ou descente du vélo, il n’y a pas de cadre à enjamber. On se lève sans risque de perte d’équilibre et en toute sécurité.

 

La batterie qui propulse le YikeBike a également permis l’intégration d’un élément extrêmement important à la sécurité d’un propriétaire de vélo quelque soit sa monture : un système d’éclairage permanent et des clignotants garantissant une sécurité et une visibilité par les autres usagers parfaite de jour comme de nuit.

 

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Après 5 ans de recherches et de prototypes divers une chose était sûre avec le YikeBike, sa caractéristique majeure c’est qu’il est amusant à conduire. Il offre de nouvelles sensations uniques en son genre et un frisson inoubliable de liberté, dès les premiers tours de roues.

 

Ce design révolutionnaire, à la fois pratique et sécurisant, a permis au YikeBike d’être sacré « vélo électrique pliant le plus compact au monde. » Son poids contenu en fait l’outil parfait du transport multi-modal. Enfin la propulsion électrique qui le caractérise lui permet de se définir comme une alternative de grande qualité aux vélos à assistance électrique pour les citadins actifs et aventuriers.

 

 

Le vélo électrique pliant adapté à nos villes

 

 

Cette histoire du vélocipèdes nous montre que :

 

  •  Les vélos électriques muni de pédales et assistés par un moteur électrique sont donc bien des : « vélos à assistance électrique » ou « VAE »
  •  Le YikeBike ou plus globalement les draisiennes électriques munies d’une selle mais dépourvues de pédales sont donc bien : des « Vélocipèdes électriques » ou plus simplement des « vélos électriques »

 

Également que le YikeBike est  la synthèse actuelle de toutes ces grandes inventions qui ont fait l’histoire du vélocipède depuis deux siècles.

 

  • Le YikeBike emprunte au vélocipède originel de Karl Drais, son nom et sa conception globale.
  • Au Grand-bi son design si reconnaissable et sa position de conduite confortable.
  • Au tout premier vélo électrique son mode de propulsion.
  • Aux premiers vélos pliants militaires leurs ingénieux système de pliage.
  • Au vélo couché sa démarche sécuritaire : Assis au plus près du sol on évite les chutes.
  • Au BMX sa petite taille le rendant ultra compact.

 

Rendez-vous en 2017 pour fêtez les 200 ans du vélocipède, ce moyen de transport urbain universel !

 

 

Notes : Certaines images sont des captures d’écran trouvées sur le web. Pour toutes requêtes, contactez YikeBike-France, merci!

 

Pour aller plus loin:

 

le Vélocipède sur Wikipedia

Article sur Kirkpatrick Macmillan (en anglais)

Pierre Michaux sur Wikipédia

Grand-bi  sur Wikipedia (en anglais)

Bicyclette de sécurité sur Wikipedia (en anglais)

Brevet du vélo électrique, 1895

Histoire du vélo électrique (en anglais)

Vélo couché sur Wikipedia

Catalogue 1975 de Mongoose.

Bulletin des lois de la République franc̜aise, Volume 6

Lexicographie CNRTL

Biographie de Karl Drais par l’institut Goethe.

 

Keizo Kobayashi, Histoire du vélocipède de Drais à Michaux (1817—1870). Mythes et réalités, Tokyo, Bicycle Culture Center, 1993

Jacques Seray,  Le monde du vélo : Histoire, curiosités, accessoires, Editions Du May, 2004